Paris, très abordable pour les riches étrangers
La chambre des notaires de Paris, un mardi après midi met en vente un beau 3 pièces Rue des Beaux Arts. A 14H00, les portes sont encore fermées et on peut y voir une “clientèle” qui attend patiemment mais intensemment leur ouverture, comme devant un club select. La place du Chatelet est ce lieu régulier de vente immobilière ou le patrimoine de certains est vendu aux enchères.
C’est parti, les enchères commencent et la mise à prix de 600 000 euros pour cet appartement de 80 mètres carrés est très rapidemment pulvérisé par une salve de surenchères. Dans la salle, des français mais aussi beaucoup d’étrangers. On entend parler russe, chinois, japonais et américain. Les participants sont attentifs et une fois le chèque de consignation déposé auprès de leur notaire, c’est un match financier et psychologique qui se joue.
A la lecture de certains participants, on devine que chacun dispose d’une cible de choix et d’un budget plus ou moins souple. Les calculettes et les gribouillis arithmétiques rythment les enchères. On se jauge, on attend. Au debut, la croissance des surrenchères est vertigineuse, on grimpe de 100 000 euros en 100 000 euros. Enfin, on atteint le prix du marché, celui qui se dit être le bon et pratiqué dans le coin. Là, les français boudent l’enchère, recalculent, grimacent. Les yeux d’un adolescent regarde son père et comprend qu’il n’habitera jamais rue des Beaux Arts. C’est un couple de japonais sophistiqué travaillant probablement dans la mode et une mère WASP américaine qui mèneront la danse. Cette dernière a l’air bien décidée, elle veut loger sa fille qui doit faire Science Po coute que coute. Sur ce match americano-japonais, on atteindra ici, pour ce bel appartement de la rive gauche les 1 280 000 euros soit 16 000 le mètre carré hors frais de notaire.
L’attitude de la mère lionne est solennelle, la salle, remplie d’émoi, observe avec admiration la bénéficiare de cette acquisition. La fille comprend qu’elle pourra aller à pied à l’école. De la Rue des Beaux Arts à la Rue Saint Guillaume, il n’y a qu’un pas.

